• Alain Durand

Les visages de Jesse Kellermann


Ethan Muller, le narrateur, est le dernier rejeton d'une famille de nantis New-Yorkais. I l a choisi un boulot qu'il qualifie de plutôt cool : galeriste ! Ce job, plutôt flatteur, le maintient dans son milieu d'origine, fréquenté par les bobos, les artistes névrosés et les milliardaires incultes. Avec une certaine fainéantise, il cherche à s'affranchir de l'emprise familiale étouffante, à voler de ses propres ailes d'autant que sa relation avec son père, homme d'affaires fortuné, est particulièrement compliquée et distendue. Le contact n'existe d'ailleurs que par l'intermédiaire de Tony Wexler, l'associé,qui, au fil des années, a fini par se substituer au géniteur trop souvent absent.


Bon, pour l'instant, rien d'emballant. Du gloubiboulga "made in America" bien dégoulinant.


Le contexte banal planté, tout commence page 1 9. Tony appelle son protégé pour lui montrer quelque chose : des dessins de visages d'enfants, dans de multiples cartons et surtout de très bonne facture, formant un étrange et gigantesque puzzle. L'oeuvre d'un génie laissé à l'abandon dans un appartement miteux.


Le galeriste décide de monter l'exposition malgré l'absence de l'auteur des dessins, Victor Cracke, introuvable. Le succès est immédiat. La critique, dithyrambique. A l'issue de l'exposition, évidemment, les choses se gâtent. Ethan est contacté par Lee McGrath, un vieux flic à la retraite, qui croit reconnaître dans certains portraits le visage des victimes d'assassinats non élucidés, vieux de quarante ans. Qui est Victor Cracke? Est-il impliqué dans ces meurtres ? Avec l'aide de Lee, puis de sa fille Samantha, le narrateur décide de reprendre l'enquête à zéro.


Et là, quel plaisir de lecture !


Pourquoi j'ai apprécié ce livre "Les Visages"?

Pour un premier roman publié en France, plutôt pas mal! Ce livre de Jesse Kellermann est passionnant de bout en bout, il se dévore avec curiosité et angoisse. Il ne faudrait pas passer à côté sous prétexte que ce n'est pas le thriller annoncé en quatrième de couverture. Pour ma part, j'opterai plutôt pour un roman noir, voire une saga familiale, avec un suspense bien mené. Le fait que le narrateur soit aussi le protagoniste principal donne un attachement à ce Ethan Muller, au début prétentieux et ironique, dont la personnalité superficielle gagne en épaisseur et en humanité au fil de son enquête et de ses terribles découvertes.


Récompensé par le Grand Prix des lectrices de Elle en 2010, ce roman est le coup d'essai réussi en France d'un auteur à suivre.

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